El Hachemi Guerouabi (الهاشمي قروابي ) est mort. La nouvelle a fait le tour du pays à la vitesse de l'éclair. Guerouabi l'artiste, le maître, s'est éteint dimanche soir, à l'hôpital de Zéralda. La culture algérienne venait de perdre l'un de ses plus illustres représentants du chaâbi, un pan de son patrimoine culturel. El Hachemi Guerouabi, qui a fait bercer les Algériens de longues années durant, a rejoint pour la postérité le Royaume des Cieux.
Les sportifs algériens, les footballeurs plus particulièrement, perdent en lui un grand monument du chaâbi, un homme que le jeu à onze passionnait.
D'ailleurs, El Hachemi Guerouabi, dans sa tendre jeunesse, avait joué au foot (il avait signé une licence à La Redoute AC en 1951-1952, puis fait un bref passage en
jeune au Mouloudia Club d'Alger) n'avait jamais caché sa passion pour le football. Dans son répertoire, il louait souvent les prouesses des footballeurs. Même s'il avait un
faible pour l'USM Alger, on le voyait quelques fois dans les travées du stade Omar-Hamadi. El Hachemi Guerouabi ne cachait pas son admiration pour le CR Belouizdad, son
quartier d'adoption, tout comme pour le Nasr de Hussein Dey, le Mouloudia d'Oran et d'Alger.
C'était un homme qui aimait le football. Artiste comme il fut, il aimait voir évoluer les footballeurs, les artistes. Ses fans savaient qu'en plus de l'artiste qu'il était, El
Hachemi Guerouabi était aussi un observateur averti de la scène footballistique.
Un jour d'été de l'année 85, il avait animé une soirée à El Harrach en enflammant la foule venue très nombreuse, comme d'habitude. Il ne s'était pas empêché,après un «heddi» endiablé, de répondre, très sûr de lui, à une question d'un des fans harrachis qui lui avait demandé ce qu'il pensait de l'équipe de l'ex-Maison Carrée.
«L'heure de la gloire harrachie va bientôt arriver». L'artiste avait vu juste, puisque l'USMH remportera la Coupe d'Algérie, deux années plus tard. El Hachemi Guerouabi s'en est allé. Sa voix, son timbre et son sourire légendaires ne seront plus qu'un souvenir. Un souvenir impérissable d'un homme qui aura vécu pour son art et pour son public. El Hachemi Guerouabi n'est plus, il nous lègue un héritage d'une valeur inestimable,un genre musical auquel il a su donner une originalité. Les footballeurs algériens, toutes générations confondues, viennent de perdre un artiste hors du commun.
M. O. Le Buteur
L'autre idole du regretté Matoub
Le défunt Matoub Lounès, le chantre de la chanson kabyle, «Le Rebelle» comme aime à l'appeler ses fans, était un ami de El Hachemi Guerouabi. Les deux artistes se vouaient un respect mutuel. Que de fois ils s'étaient rencontrés, que ce soit en France où en Algérie, loin des regards et des médias. Matoub, dès qu'il avait l'opportunité de venir à
Alger, ne s'empêchait pas de faire un tour chez ses «amis» Amar Ezzahi et El Hachemi Guerouabi. D'ailleurs, la nouvelle du décès du maître El Hachemi Guerouabi avait provoqué une onde de choc dans toute la Kabylie.